Dvar Torah publiés par Tomer Debora

Notre Parasha est intéressante en plusieurs points. Tout d’abord, l’âge d’Avraham, le Passouk nous dit : « Avraham est parti comme le lui avait dit Hashem, et Lot est parti avec lui ; et Avraham était âgé de soixante quinze ans lorsqu’il est sorti de ‘Harane. » (Béréshit 12 ; 4) Avraham a soixante quinze ans quand il quitte son pays pour aller en Eretz Israël.

Le Avraham que nous connaissons, celui qui parle à Hashem, celui qui est le champion du ‘Hessed, celui qui deviendra le père de toute l’humanité, celui-là a soixante quinze ans quand Hashem le considère apte à remplir sa mission et à partir en Eretz Israël. Et avant ? La Tora ne nous le dit pas. Pourtant nous savons grâce au Midrash qu’il a découvert Hashem déjà dans sa jeunesse, pourquoi ne pas en parler dans la Tora ? En fait je ne connais Avraham qu’au moment où il est prêt à remplir sa mission. Et c’est bien là le problème ! Je le connais quand Hashem lui parle, quand il est déjà Tsadik. Mais la Tora occulte toute la période pendant laquelle Avraham n’est pas encore le Tsadik à qui Hashem dira : « Lè’h Lé’ha », il n’est pas encore le Avraham que nous connaissons. Mais il est en pleine transformation de son être intérieur, il se prépare à devenir. Il se corrige, il se travaille. Nous ne connaissons que Avraham à soixante quinze ans, Tsadik parfait ! L’erreur serait de croire qu’il est né comme cela, qu’il n’a fait aucun travail sur lui-même. Et donc quand je me compare à Avraham et que j’essaie de lui ressembler, puisque Hazal nous ont demandé cela, cela ne va pas du tout. Je n’y arrive pas et je suis désespéré. Je veux changer et je n’y parviens pas. Pourquoi lui et pas moi ? La réponse est simple j’oublie qu’il y a soixante quinze ans de Moussar accomplis par Avraham. Avraham n’est pas né Avraham, il l’est devenu.

Et le problème est le même quand je lis des histoires sur les Tsadikim. Je me mesure toujours à quelqu’un d’immense et moi à côté je suis tout petit. C’est désespérant. Mais le Hafetz Haïm n’est pas né le Hafetz Haïm, il l’est devenu. Il a travaillé sur lui-même pendant toute sa vie, mais moi je ne connais que l’immense Tsadik qui ne disait pas de Lashon Hara.

C’est une facette importante de la vie de nos Hahamim, car si nous voulons monter dans la Avodat Hashem nous devons, bien sûr faire le maximum, mais aussi savoir que j’ai une vie entière pour me transformer. Le plus tôt sera le mieux mais l’essentiel est de quitter ce monde “arrangé”. Or, nous vivons à l’époque du : « Tout, tout de suite ». On n’aime pas attendre, ni à une caisse de supermarché , ni pour recevoir un colis et ni pour faire Téchouva. Lui il est un grand Tsadik alors moi aussi. J’oublie tout le travail accompli, tout le parcours pour y arriver. Rav Israël Salenter disait qu’il est plus facile d’étudier tout le Shass de Guémara plutôt que de changer une seule mauvaise Mida qui est en nous ! C’est dire le chantier qui nous attend. Ne pas désespérer et ne pas laisser tomber. Le Rav Haïkin disait : « Tomber dans la boue ce n’est pas grave, c’est rester dans la boue qui est grave. » Hazal nous disent qu’un Tsadik tombe sept fois et qu’il se relève. C'est-à-dire que même le Tsadik peut tomber comme le Rasha, alors qu’est-ce qui fait la différence entre ces deux hommes ? La différence c’est que la septième fois quand il tombe, le Rasha en a assez de lutter et reste dans la faute. Mais le Tsadik, lui, rassemble ses dernières forces et se relève et cette fois c’est la bonne. Tout le monde peut faire une bêtise dans sa vie, cela peut arriver, mais que fais-tu après la bêtise ? Est-ce que tu t’installes dedans bien au chaud ou est-ce que tu te bouges pour ne plus recommencer. Hashem, lui, t’attend les deux bras tendus, comme une mère attend son enfant qui est en retard, avec le même amour et la même impatience. Ce n’est que le Yétser Hara qui nous fait croire pleins de choses fausses.

Avraham avait soixante quinze ans quand il est parti. Mais il ne savait pas où il allait. Il partait avec sa femme, son neveu et tous les gens qui l’accompagnaient, cela faisait des centaines de personnes. Sans compter les chameaux et tous les biens d’Avraham. A cet âge on ne se met pas en route comme cela pour aller à travers le désert vers une terre inconnue. Il ne savait même pas combien de jours ce voyage allait durer. Pourquoi Hashem ne lui a-t-il pas dit tout de suite où il allait ? Cela aurait allégé sa peine. Hazal nous donne la réponse : C’est afin d’augmenter son mérite. Il ne sait pas et quand même il avance, quelle Emouna ! Sa récompense aurait été différente s’il avait su sa destination. A présent il a un mérite à chaque pas. Au contraire, plus c’est long et plus il a du mérite. C’est pourquoi Avraham n’a pas posé de question. Le juif c’est celui qui ne pose pas de question sur la Hashga’ha, il avance. Que nous dit le Passouk : « Avraham est parti comme le lui avait dit Hashem » C’est pourquoi Hashem lui a promis : « Je ferai de toi un grand peuple et Je te bénirai etc. »

Nous aussi parfois, nous voulons accomplir la volonté d’Hashem et nous rencontrons des écueils. Nous avons alors un doute. Que faire ? Quelle direction prendre ? Parfois ce sont des grandes directions dans sa vie : où habiter, quel travail choisir, quel conjoint etc. Nous devons alors nous fier à la Tora et à nos ‘Ha’hamim et ne faire que ce que la Halaha recommande. Mais si on ne voit pas comment cela va finir. Ce n’est pas toujours ce qui est bien à nos yeux qui est bon pour nous.

On raconte qu’une fois il y avait un homme inculte qui était Shamash dans une Shoule. Le comité au bout d’un certain temps trouvait déplaisant que pour une si belle Shoule on ait un si inculte Shamash. On a donc intimé l’ordre à notre pauvre homme qu’il devait apprendre à lire et à écrire sinon il serait renvoyé. Il a bien essayé mais il n’a pas réussi. Au bout du temps imparti il a été renvoyé. Il s’est mis dans les affaires. Il devint vendeur de bois et au bout du compte il est devenu très riche et il était même le plus gros marchant de bois de la région. Un jour il a traité une très grosse affaire avec un commerçant. Au moment de signer le contrat comme il ne savait pas écrire il a fait une croix. L’autre s’étonna : « Comment un homme aussi riche que vous ne sait-il pas écrire ? » Le juif lui répondit : « Si j’avais su écrire, à l’heure actuelle j’aurais été Shamash et non pas un riche marchant de bois ! »

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