Dvar Torah publiés par Tomer Debora

PARACHAT  SHÉLA’H  LÉ’HA

A la fin de notre Paracha nous avons la Mitsva de Tsitsit. La raison de ce commandement est indiquée dans le texte même de la Tora : c’est afin de nous rappeler les Mitsvot d’Hachem. Or, quel meilleur moyen pour rappeler à un serviteur ses devoirs envers son maître que de lui faire porter sur son vêtement même la marque de son maître, ce vêtement dont il est revêtu tous les jours et qu’il a constamment devant les yeux ?

Hazal ont du reste précisé que la Mitsva de Tsitsit rappelle les 613 Mitsvot de la Tora. En effet, le mot Tsitsit en hébreu a la valeur numérique de 600 (90+10+90+10+400=600), si l’on y ajoute les 8 fils qui pendent de chaque Tsitsit et les 5 nœuds que l’on fait dans la fabrication du Tsitsit cela fait 600+8+5=613 pour chaque Tsitsit. Les 613 Mitsvot entourent l’homme aux quatre points cardinaux et l’empêchent ainsi de fauter.

De plus, les Tsitsit sont un symbole qui rappelle à l’homme que son corps comme son âme appartiennent à Hachem. Les Tsitsit sont blancs, la couleur blanche symbolise selon le Midrach de Pirké Rabbi Éliézer l’enveloppe matérielle de l’homme, les fils qui composent les Tsitsit symbolisent l’embryon (Guémara Nida 25b) et la couleur bleu azur d’un des fils, couleur du ciel, rappelle l’âme de l’homme qui émane d’Hachem lui-même.

 Selon la Guémara Ménahot (43b), la couleur bleu azur ressemble à la couleur de la mer qui elle-même ressemble à la teinte du ciel, le ciel faisant penser au Trône divin dont il est dit : « limpide comme la substance du ciel » (Shémot 24 ; 10). C’est pourquoi on enroule le fil bleu azur autours des fils blancs, car l’âme se place au dessus du corps. Les quatre Tsitsit sont indispensables, l’un comme l’autre, formant ensemble une seule Mitsva.

La Guémara Shabbat (32b) dit au nom de Rèch Lakich que celui observe la Mitsva de Tsitsit aura le privilège d’avoir 2800  serviteurs à sa disposition, selon le Passouk (Zé’haria 8 ; 23) : « En ces jours-là, dix hommes de toutes les langues des nations saisiront un juif par le pan de son vêtement et diront : Nous irons avec vous. » (Les Tsitsit se mettent aux quatre coins du vêtement, si chacun des quatre coins est saisi par dix hommes de chacune des soixante-dix nations, on aura au total 2800 hommes autour de chaque juif : 70 X 10 X 4 = 2800)

La Guémara Ménahot (43b) nous enseigne que la Mitsva de Tsitsit vaut autant que toutes les autres réunies (Cela, bien entendu, ne rend pas quitte d’accomplir toutes les autres Mitsvot de la Tora).

Un jour un Rav, en se promenant dans la rue, a entendu des pleurs, comme les pleurs s’intensifiaient, il en a chercher l’origine. Il s’est aperçu qu’il venait d’une certaine maison. Il y est entré, il a vu qu’il n’y avait personne, mais il entendait toujours les pleurs. En avançant dans le salon il a remarqué un Talit Gadol posé sur la table. C’était le Talit qui pleurait ! Il lui a demandé les raisons de ses lamentations. Le Talit lui a répondu : « Mon propriétaire est parti en voyage, il a pensé à prendre beaucoup de choses, mais moi il m’a oublié. » Le Rav lui a dit : « Un jour viendra où ton propriétaire fera un long voyage, le dernier, et alors la seule chose qu’il emportera se sera toi ! » (Quand on enterre un mort, on l’enveloppe dans son Talit Gadol)

Il est écrit à ce sujet dans notre Paracha : « Hachem dit à Moché : Parle aux Béné Israël et dis-leur qu’ils se fassent des Tsitsit aux coins de leurs vêtements … vous les verrez et vous vous souviendrez de toutes les Mitsvot d’Hachem. Vous les ferez et vous ne vous égarerez pas à la suite de votre cœur et de vos yeux à cause desquels vous vous détournez de moi. » (Bamidbar 15 ; 37 à 39)

Rachi explique : Le cœur et les yeux servent d’intermédiaires au corps pour qu’il faute. L’œil voit, le cœur désire et le corps accomplit la faute.

Si l’en est ainsi, une question se pose, pourquoi le Passouk dit-il : « vous ne vous égarerez pas à la suite de votre cœur et de vos yeux » ? Selon l’explication de Rachi le Passouk aurait dû inverser et écrire : « à la suite de vos yeux et de votre cœur » ? Car en premier c’est l’œil qui voit et ensuite seulement le cœur désire, on doit donc écrire les yeux en premier.

Afin de répondre à cette question nous pouvons rappeler l’histoire qui s’est passée en Amérique après la deuxième guerre mondiale : Un Roch Yéchiva à un jour demandé à un  rescapé des camps de la mort pourquoi il avait abandonné la Tora alors qu’avant la guerre il était religieux et qu’il vivait dans un milieu orthodoxe.  Ce dernier lui a répondu en pleurant : « Après ce que j’ai vu dans les camps j’ai décidé de ne plus garder la Tora et les Mitsvot. Nous étions des milliers, tous affamés. On travaillait du matin au soir et on nous nourrissait avec trois fois rien.

Un jour est arrivé un nouveau juif dans le camp. Il avait dans sa main un petit livre de prières. Tout de suite, il a eu autour de lui des dizaines et des centaines de juifs qui voulaient toucher ce Sidour et lire quelques passages dedans. Imaginez-vous, un Sidour dans un camp nazi ! Personne n’en avait plus vu depuis longtemps, c’était comme une bouffée d’oxygène, comme si le temps s’effaçait et que le passé revenait comme avant. Mais, à la surprise générale, ce juif a exigé que pour pouvoir lire dans son Sidour on devait lui donner la moitié de notre part de nourriture quotidienne. On ne recevait déjà pas beaucoup, si en plus on lui en donnait la moitié …

Ainsi ce fut, tout celui qui venait prier dedans lui donnait chaque jour la moitié de sa ration de nourriture. Chaque jour, des centaines de juifs faisaient la queue devant lui pour prier dans ce Sidour et lui donnaient son paiement. Quand j’ai vu cela j’ai été révolté. Comment était-il pensable dans un camp nazi qu’un homme, qui se dit religieux, soutire ainsi du pain de la bouche de ses coreligionnaires affamés et affaiblis ? A partir de cet instant j’ai décidé de ne plus respecter la Tora et les Mitsvot. Si c’était cela la Tora, elle ne m’intéressait pas. »

Quand il eut fini de parler, le Rav lui dit : « Pourquoi ne regardes-tu que cet homme seul qui a eu cette mauvaise attitude, et de lui tu en déduits de graves décisions qui remettent en cause toute ta croyance et tout ton avenir ? Pourquoi ne regardes-tu pas plutôt ces centaines de personnes qui venaient chaque jour, prêts à offrir la moitié de leur nourriture afin de prier dans ce Sidour ? Ce sont eux que tu dois regarder et voir leur sacrifice pour la Tora, pour la Téfila. Tout ce qu’ils sont capables de faire pour s’arracher, ne fusse qu’un instant, à leur condition misérable et attraper ces instants d’éternité que l’on vit quand on parle à Hachem. Ce n’est que cela que tu dois retenir de cette douloureuse expérience. »

De cette histoire nous apprenons que deux personnes peuvent vivre la même épreuve, mais chacun ne verra que ce qui l’intéresse, ou plutôt que ce qu’il s’est habitué à voir selon son mode de pensée. Le verre est-il à moitié vide ou à moitié plein ? Tout dépend de la façon comment on s’est habitué à regarder la vie.

Un jour un Rav s’est promené avec ses élèves. Sur leur chemin ils ont croisé un âne en décomposition. Les élèves ont dit : « Quelle mauvaise odeur se dégage de ce cadavre ! » Le Rav leur a répondu : « Regardez comme il a les dents blanches ! »

A présent nous comprenons pourquoi il est écrit dans le Passouk : « vous ne vous égarerez pas à la suite de votre cœur et de vos yeux », d’abord le cœur et ensuite les yeux ; car les yeux ne voient que ce que le cœur leur demande de voir ! La Tora vient nous apprendre que, quelque soit notre âge et quelque soit l’état dans lequel nous nous trouvons, nous devons éduquer notre cœur, notre pensée, nos envie, à ne percevoir que le bien dans un événement qui nous touche.

Quel est le message divin qu’on m’adresse du Ciel ? Etudie le Moussar, travaille sur tes Midot, éloigne-toi de celui qui t’entraîne vers le mal, choisis d’être à la queue des lions et non pas à la tête des renards. Fixe un temps pour l’étude de la Tora chaque jour de ta vie, accomplie le maximum de Mitsvot qu’il t’est possible d’effectuer.

Que se réalise pour nous la fin du Passouk : « Afin … que vous accomplissiez toutes Mes Mitsvot et que vous soyez Kadoch pour votre D.ieu » (Bamidbar 15 ; 40) Et, qu’automatiquement, partout où se poseront nos yeux nous ne voyions que le bon côté des choses.  

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