Dvar Torah publiés par Tomer Debora

Cette semaine, nous lisons la Parashat vayéra dans laquelle on nous raconte comment Avraham, après avoir fait la Brit Mila, était assis à l’entrée de sa tente à attendre d’éventuels invités. Cependant, par amour pour lui, Hashem avait sorti le soleil de son écrin afin qu’il ne soit pas dérangé par des passants. Le soleil était si torride que nul n’osait s’aventurer à l’extérieur. Mais malgré la chaleur intense, Avraham attendait. Pour le satisfaire Hashem lui envoie trois invités. Dès qu’il les voit Avraham se met à courir à leur rencontre. Il va leur proposer à manger en quantité démesurée, du pain, de la crème, du lait ; il ira même jusqu’à abattre trois jeunes taureaux pour leur servir un plat raffiné : trois langues à la moutarde. Une langue par personne. En l’honneur de ses invités il a tué un taureau entier juste pour en prendre la langue ! Quelle grande Hahnassat Orhim !

Pourtant, une question se pose, pourquoi, Avraham Avinou est-il prêt à leur donner de la nourriture à profusion et dès qu’il s’agit de leur donner de l’eau, il leur dit de prendre « un peu d’eau » (youkah na méat maïm) ? Pourtant l’eau est un élément vital dans un repas. Il tue un taureau entier juste pour en prendre la langue et il ne leur donne qu’un peu d’eau ?

Afin de répondre à cette question nous devons regarder de plus près le texte de la Tora. Pour tout ce qui concerne les choses données en grandes quantités, c’est Avraham lui-même qui est allé les chercher. (Béréshit 18 ; 5 « je prendrai du pain » ; Béréshit 18 ; 7 « Et vers le bétail Avraham à couru » ; Béréshit 18 ; 8 « Il prit de la crème et du lait »)

Mais pour l’eau ce n’est pas lui, il a demandé à quelqu’un d’aller chercher de l’eau. (Béréshit 18 ; 4 « Qu’on prenne un peu d’eau ») Dans tout ce qui le concerne lui, il peut s’imposer des efforts et proposer beaucoup de nourriture ; mais dès qu’il s’agit de quelque chose où c’est l’autre qui est impliqué, là il ne demande qu’un peu. Il ne veut pas déranger autrui, même pour faire une Mitsva.

Avraham Avinou nous apprend ainsi une grande leçon : on a le droit d’aider son prochain et de faire beaucoup de bien autour de soi, mais pas sur le dos de l’autre. On ne peut pas se dire : tiens il y a une Mitsva encore plus grande à faire, mais comme je n’ai pas le temps c’est l’autre qui va la faire. Lui, il a les outils nécessaires, lui, il a le temps, etc. … Avraham faisait très attention de ne pas déranger l’autre plus que nécessaire, c’est pourquoi il n’a proposé qu’un peu d’eau. Si cela avait été lui qui apportait l’eau il aurait donné beaucoup, mais comme c’est un intermédiaire qui s’en occupe, il ne demande que le strict minimum. Il ne fait pas des Houmrot sur le compte du voisin !

On raconte qu’une fois, Rabbi Lévi Itsrak Mi Berditchev était invité à passer shabbat chez un grand notable d’une ville. Ce dernier était très riche et il avait invité, en l’honneur du grand maître, tous les gens importants de la ville à venir chez lui prier avec le Tsadik. Après la Téfila du vendredi soir, tous se sont dirigés vers la grande salle à manger. Le Rav a dit le Kidoush et ensuite on lui a apporté de l’eau pour faire Nétilat Yadaïm. Tout le monde observait. Quelle ne fut pas leur surprise de voir Rabbi Lévi Itsrak n’utiliser qu’un peu d’eau pour faire la Nétila. Voyant l’étonnement qui se lisait sur leur visage, le Rabbi leur expliqua : « Chez moi, comme je vais chercher l’eau moi-même, j’ai l’habitude d’utiliser beaucoup d’eau pour faire Nétilat Yadaïm. Mais ici, c’est la servante qui va chercher dans la cour de l’eau au puits et qui la rapporte à la maison. C’est un travail pénible et fatigant. Si je prends tout pour moi, elle devra retourner en chercher pour les autres convives. Je ne peux me permettre de la déranger outre mesure. C’est pourquoi je n’ai utilisé que la quantité d’eau minimale requise par la Halaha. »  

Que nous puissions toujours faire attention à l’autre et ne pas le prendre comme un objet qui m’aide dans mon Avodat Hashem quand je n’y arrive pas moi-même. J’ai le droit de faire plus, mais pas sur son dos. Respecter l’autre, tel est le secret.

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