Dvar Torah publiés par Tomer Debora

PARACHAT VAYICHLA’H

Notre Parasha commence avec l’envoi par Yaakov de messagers sous forme d’anges à son frère Essav. Rashi explique qu’il s’agit ici de vrais anges.

Selon le livre Or Yaël, de Rav Yéhouda Leib Hasmann, il n’y a rien de plus effrayant que de voir des anges. Nous n’avons aucune idée de ce à quoi cela ressemble. Nous pouvons juste nous imaginer un feu immense qui descend du ciel vers la terre.

Tout le stratagème de Yaakov n’avait qu’un but : faire peur à Essav, comme l’explique le Or Hahaïm sur le premier Passouk de notre Parasha. C’est la raison pour laquelle Yaakov a envoyé des vrais anges et non pas des hommes qui auraient pu être rejetés par Essav avant même qu’ils aient accompli leur mission. Essav devait, en voyant l’armée du ciel venir à sa rencontre, avoir peur de s’attaquer à Yaakov. Tel était le résultat escompté.

Cependant, rien ne s’est passé ainsi. Essav a bien vu les anges mais il n’a pas eu peur du tout. Et en plus, grâce à eux il s’est souvenu de la vieille dette que Yaakov avait envers lui et toute la haine pour son frère est revenue comme au premier jour. À présent, c’est avec quatre cents hommes qu’il se dirige vers Yaakov pour l’attaquer.

De tout cela nous comprenons qu’Essav n’est pas un simple bandit détroussant les voyageurs aux croisées des chemins. Il vivait chez son père Itsrak, il avait l’habitude de voir des centaines d’anges dans la maison paternelle. Il n’a donc pas été impressionné. 

Pourtant, bien qu’il ne soit pas un homme ordinaire, quand Yaakov lui envoie des cadeaux il change d’attitude. (Béréshit 32 ; 15 et 16) « Deux cents chèvres et vingt boucs, deux cents brebis et vingt béliers. Trente chamelles laitières avec leurs petits, quarante vaches et dix bœufs, vingt ânesses et dix ânes. » Yaakov a divisé le tout en plusieurs troupeaux, chaque espèce à part, et il les envoya chacun séparément par l’intermédiaire de ses serviteurs.

Rashi rapporte qu’il a demandé à ses messagers de ne pas venir tous ensemble vers Essav. Ils devaient se présenter au fur et à mesure, en laissant entre un troupeau et l’autre un espace aussi loin que l’œil puisse voir.

Pourquoi ? Afin de satisfaire l’œil du Rasha et de le surprendre par l’importance du cadeau. Puisqu’ils sont très espacés Essav n’en voit pas la fin, il y en a toujours un à l’horizon. Il a l’impression que cela ne s’arrêtera jamais. De plus, quand ils seront face à face, Yaakov se prosternera à terre sept fois jusqu’à ce qu’il arrive près de son frère. (Béréshit 33 ; 3)

Ce stratagème là a fait mouche ! Essav est impressionné et accepte de faire la paix avec Yaakov. (Béréshit 33 ; 4) « Essav courut à sa rencontre, l’enlaça, tomba sur son cou, l’embrassa et ils pleurèrent ». Rashi nous dit que sa compassion fut réveillée lorsqu’il le vit se prosterner toutes ces fois. La guerre est oubliée !

C’est extraordinaire, de vrais anges n’ont pas réussi à le faire plier et de simples animaux offerts en cadeau le transforment en ami. Pourquoi ? La réponse est simple, il suffit de donner au Rasha ce qu’il recherche dans ce monde pour qu’il oublie tout, même le mal qu’il voulait faire.

Tu veux du Olam Hazé ? Tiens, prend, tout est pour toi. Une bonne bouteille de vin et il te mange dans la main. C’est ce que disent les Hazal : « La Taava, l’envie, fait sortir l’homme du monde. » Pas seulement du monde futur, mais aussi de ce monde ci dans lequel nous vivons. Un Rasha peut se perdre et perdre ses deux mondes, juste pour avoir assouvi ses passions.

Quand l’esprit ne commande plus, l’homme se laisse guidé par son corps, ses envies, ses passions. Il n’est plus qu’un pantin dans les mains du Yetser Hara. Il est comparable à une voiture lancée à toute allure, dont le conducteur s’est endormi sur la banquette arrière. Qu’est-ce qu’il dort bien, il dort comme un enfant. Mais la voiture roule vite et personne n’est au volant, la catastrophe est imminente. Qui conduit ? Où est le conducteur ? Il dort !

De même, dans notre vie, trop souvent nous dormons. Nous avons fait taire notre esprit pour ne suivre que notre corps. Nos passions et encore nos passions : j’ai envie, je veux, je suis fatigué, ce n’est pas grave, d’ailleurs rien n’est grave, etc. … Si nous écoutons tout ce que notre corps nous demande, nous courrons à notre perte. Chacun de nous connait le fond de son sac et sait les choses qu’il doit absolument améliorer.

Que notre esprit, notre Séhèl, puisse prendre le dessus afin de diriger notre vie et nous mener à bon port au Olam Haba.

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