Dvar Torah publiés par Tomer Debora

PARACHAT MICHPATIM

Notre Parasha nous parle des lois qui concernent l’homme et son prochain. Entre autres, elle cite tous les cas de vols possibles et notamment celui qui vole des animaux. Parfois le voleur devra rembourser quatre fois la valeur de l’animal et parfois cinq fois : « Si un homme vole un bœuf ou un agneau et le tue ou le vend, il paiera cinq bœufs en compensation du bœuf et quatre moutons en compensation de l’agneau. » (Shémot 21 ; 37)

Une question se pose : Pourquoi pour le vol d’un bœuf on doit rembourser cinq fois la valeur de l’animal et pour le vol d’un agneau quatre fois ?

Rashi explique au nom de Rabbi Yohanan Ben Zakaï que Hashem a eu pitié de la dignité des gens : un bœuf qui marche seul pour lequel le voleur ne s’est pas humilié en le portant sur son épaule, il en paiera cinq. Mais, pour un agneau que le voleur a dû porter sur ses épaules, il n’en paie que quatre car il s’est humilié en le portant.

Nous pouvons déduire de ce Rashi une règle fondamentale : L’intensité de la punition ne se calcule pas seulement par rapport à la faute elle-même qui a été commise, mais aussi à la façon dont la Avéra à été faite. Par exemple, une Avéra qui est facile à faire, qui ne demande aucun effort particulier et qui n’entraîne pas de honte sera punie beaucoup plus qu’une Avéra nécessitant de la fatigue et causant de la honte. C’est pourquoi pour le vol d’un bœuf on doit rembourser cinq fois la valeur de l’animal et seulement quatre fois pour le vol d’un agneau.

Nous retrouvons cette même idée avec la fête de Pourim qui arrive bientôt Haba Alénou Létova. La Guémara Méguila demande : Pour quelle raison les Béné Israël ont-ils dû subir le terrible décret d’extermination totale de Haman : « Les lettres furent expédiées dans toutes les provinces du roi, ordonnant de détruire, exterminer et anéantir tous les juifs, jeunes et vieux, enfants et femmes, en un seul jour et de faire main basse sur leur butin. » (Esther 3 ; 13) ?

La Guémara répond, selon un avis, parce qu’ils ont éprouvé du plaisir au festin donné par le roi Ahashvérosh.

Une question saute aux yeux : Comment comprendre une si grande punition pour une faute qui se résume à avoir mangé de la nourriture non Cashère ? Depuis quand, celui qui ne mange pas Casher est-il passible de la peine de mort ?

En fait, la réponse est simple : La Guémara ne dit pas qu’ils ont été condamnés car ils ont mangé au festin, mais qu’ils ont été condamnés parce qu’ils ont pris du plaisir au festin du roi. Y aller, ils étaient obligés, mais qui leur a demandé d’y prendre du plaisir ?

Nous voyons bien qu’il y a la Avéra proprement dite et tout ce qui tourne autour de la Avéra. Comment et dans quel esprit est faite cette Avéra. C’est pourquoi, puisqu’ils n’ont pas seulement mangé de la nourriture non Cashère, mais aussi qu’ils ont eu du plaisir à la manger, la punition a été si lourde. Ils devaient aller à ce festin, mais personnes ne les obligeaient, une fois le repas fini, à lécher l’assiette !

On ne peut donc pas parler, en termes de punition, de la Avéra seule, il y a tout le contexte de cette Avéra. Toute l’ambiance, combien on va “kiffer” cette Avéra. L’échelle est proportionnelle au plaisir ressenti.

A présent, nous pouvons en tirer un a fortiori : Si déjà, pour punir une Avéra on regarde le contexte, alors, à plus forte raison que pour une Mitsva on regardera le contexte. Bien sûr, il y a la Mitsva, mais aussi comment je fais cette Mitsva, dans quel esprit, avec combien de joie, et jusqu’à où je m’investi dans cette Mitsva.

Par exemple, tout le monde met les Téfilines le matin, mais on peut les mettre à moitié endormi, machinalement, en se demandant en fin d’après-midi si vraiment on les a mises. Ou alors, on peut aussi les mettre en étant ultra réveillé, en goûtant intensément chaque instant de cette merveilleuse Mitsva, tous nos sens en éveil : la vue des Téfilines, leur toucher, l’odeur qui s’émane du cuir, le bruit que font les boîtiers en s’ouvrant et se refermant. Une fois mises, elles font de vous un autre homme, prêt à affronter la journée au service de son créateur. Elles nous élèvent vers un lendemain meilleur, jalonné de Mitsvot.

On peut aussi dire le Birkat Hamazon machinalement, sans réfléchir, tout en débarrassant la table, telle une cassette qui débite son texte. Une prière à Hashem sans aucune âme dedans. Ou alors, on peut goûter chaque mot et remercier pleinement Hashem pour toute la nourriture qu’Il nous a donnée. Il en va de même pour toutes les autres Mitsvot.

Il y a une différence énorme entre une Mitsva faite de façon automatique, sans effort, et une Mitsva où l’on engage tout notre être. La joie éprouvée à accomplir une Mitsva est aussi capitale, Ivdou Èt Hashem Bésimha. Et si on se trouve dans un environnement hostile à l’accomplissement de cette Mitsva (famille, amis, travail …), et qu’on l’a fait quand même, on ne peut alors en calculer la récompense tant elle est immense.

Qu’Hashem fasse que nous puissions toujours accomplir Ses Mitsvot avec joie et entrain, et ce, en toutes circonstances. Et que notre service divin soit ainsi agréé du Ciel. Amen.

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Tomer Debora

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