Dvar Torah publiés par Tomer Debora

PARASHAT VAYAKEL - POURIM

Bientôt Pourim ! Comment appréhender cette fête extraordinaire ? Certains se contenteront de bien manger, d’autres de bien boire, d’autres encore de bien rigoler, mais encore ? Nous savons tous que Hashem a deux façons d’intervenir dans notre monde. La première de manière exceptionnelle quand Il veut montrer à tous qu’Il existe et qu’Il a choisi le Klal Israël comme peuple ; c’est ce qu’Il a fait avec la sortie d’Egypte, la traversée de la mer rouge et le don de la Torah. Il vient dire au monde : « Hou hou ! J’existe ! » C’est rare et c’est toujours dans un but pédagogique. La seconde manière est déjà plus courante puisque c’est dans la vie de tous les jours à chaque instant, chaque seconde et dans chaque événement de notre vie petit ou grand, privé ou public. Mais là, Hashem le fait de façon cachée, personne ne s’en rend compte si ce n’est quelques initiés qui connaissent le secret et qui Le cherche et Le trouve à chaque pas de leur existence. Hashem dirige le monde mais on ne le voit pas, Il est derrière chaque chose mais personne ne le sait. Quelle humilité ! Alors que nous, dès qu’on a levé le petit doigt, tout de suite, tout le monde doit être au courant. Le nom d’Hashem n’est pas écrit dans la Méguila, pourquoi ? Justement pour nous apprendre ce principe fondamental de la Torah : Hashem dirige le monde mais on ne le voit pas. Du début de la Méguila jusqu’à la fin tout semble “naturel” : un roi fait un festin, il se soûle, il tue sa femme par colère, il en cherche une autre, il a un premier ministre antisémite, etc. … Cette histoire on pourrait la retrouver tout au long des siècles. Pourquoi alors en faire un livre ? Pour nous apprendre justement à comprendre tout au long des siècles comment lire l’Histoire, celle avec un grand « H », comment comprendre ce qui arrive. C’est dans cette optique que nous devons nous interroger sur le deuxième Passouk de la Méguila : « En ce temps là, le roi Ahashvérosh étant établi sur son trône royal, dans la capitale Shoushan » Le Gaon de Vilna demande : mais que faisait donc Ahashvérosh à Shoushan ? Le grand royaume de Bavel est tombé quelques années auparavant, ce sont les rois de Perse et de Médie qui ont pris le dessus. La logique veut, quand on gagne une guerre, qu’on s’installe dans la capitale du vaincu afin de bien montrer qu’on a gagné. Pendant la deuxième guerre mondiale, les allemands se sont installés à Paris, ils n’ont pas emménagé à Lille. Pourquoi, donc, Ahashvérosh s’est-il installé à Shoushan et non à Bavel capitale de Névouhadnétsar ? Afin de comprendre, nous devons remonter dans le temps jusqu’à l’époque du roi Salomon. Le roi Salomon avait un trône magnifique. Sur les six premières marches du trône, se tenaient deux lions et deux aigles d’or, un de chaque côté. Plus haut, sur le trône même, se tenaient encore soixante douze lions et soixante douze aigles d’or. Au-dessus se tenait un bœuf d’or en face d’un lion d’or. Puis un loup d’or en face d’un agneau d’or, puis un tigre, un chevreau, un paon, un vautour, un coq, un faucon et un moineau. Puis tout en haut était perchée une colombe qui tenait un vautour. Elle symbolisait le peuple juif qui, plus tard, dominerait tous les peuples de la terre (ceux-ci étant comparés au vautour, oiseau de proie). Au-dessus du trône luisait une Ménora d’or. Vingt quatre vignes d’or au-dessus du trône protégeaient le roi de la chaleur du soleil. Soixante-dix sièges d’or étaient fixés près du trône pour les membres du Sanhédrin qui venaient juger le peuple. L’intérieur du trône, tout en or, était forgé d’une manière spéciale en forme de crocodile avec tout un système de rouages. Ce crocodile faisait mouvoir le trône, il actionnait les animaux d’or pour qu’ils se mettent au service du roi. Lorsque le roi Salomon montait sur son trône et posait le pied sur la première marche, le bœuf tendait la patte et soulevait le roi jusqu’à la deuxième marche. Là, un autre animal d’or l’aidait à s’élever à la troisième marche et le roi les gravissait toutes de cette manière jusqu’à la sixième. Arrivé là, les aigles d’or descendaient pour installer le roi sur son siège. Puis venait un très grand aigle qui portait la couronne du roi et la déposait sur sa tête. Ensuite, d’autres animaux se mettaient en marche. Tous les rois du monde enviaient le roi Salomon d’avoir un trône pareil. Après la mort du roi, le trône fut emporté en Egypte. Puis, des années plus tard, Sanhériv, le roi d’Achour (Assyrie), conquit l’Egypte et s’empara de ce trône. Puis, Hizkiyahou, descendant de Salomon et roi des juifs parvint à récupérer le trône et à le rapporter en Israël. Des années passèrent et le roi d’Egypte vint attaquer le pays d’Israël. Il se battit contre le roi Yéhoach, roi des juifs à cette époque, et gagna la guerre. Il emporta donc le fameux trône dans son pays. Mais, lorsqu’il voulut y monter en présence de tous ses ministres et ses serviteurs, il reçut un coup violent et fut blessé : au moment où il posa le pied sur la première marche, le lion tendit la patte pour l’empêcher d’avancer. Le roi ne se laissa pas décourager si facilement. Sa fierté ne lui permettait pas de reconnaître qu’il était indigne du trône. Il monta de force sur la deuxième marche. C’est alors que le lion le frappa à la hanche gauche. Le roi en devint boiteux, et de là son nom Paro-Né’ho (le Pharaon boiteux). Névouhadnétsar, le roi de Babylonie fut aussi blessé par le lion lorsqu’il prit le trône dans son pays après avoir conquis l’Egypte. Puis Daryavèche s’appropria le trône, qui arriva jusqu’en Eylame où il régnait. Il se garda bien d’y monter, après avoir entendu ce qui était arrivé aux autres rois. Ahashvérosh, le roi de Perse et de Médie, n’osa pas non plus l’utiliser. Il le prit seulement pour avoir un modèle. Il appela les artisans les plus renommés et les plus doués et leur demanda de lui fabriquer un trône semblable. Plus tard, le trône fut transporté en Grèce, et de là à Rome. Depuis on en perdit la trace et personne ne sait où il se trouve de nos jours. En fait, Ahashvérosh voulait un trône identique à celui du roi Salomon. Il a donc demandé, comme nous l’avons écrit plus haut, à ses artisans de le lui fabriquer. Mais les seuls ouvriers capables de cela étaient dans la ville de Shoushan, c’est donc dans cette ville que la copie fut exécutée. Une fois fini, le trône était tellement lourd qu’il était indéplaçable. Ahashvérosh n’avait pas le choix, puisque le trône ne pouvait pas venir à lui, c’est donc lui et sa cour qui devaient aller vers le trône. C’est pourquoi il installa sa nouvelle capitale à Shoushan. Il construisit un palais autour du trône et toute sa cour vint s’installer à Shoushan. S’il en est ainsi, une deuxième question se pose : Puisque tout, absolument tout, vient d’Hashem, pourquoi Hashem a-t-il obligé Ahashvérosh à faire de Shoushan sa nouvelle capitale ? La réponse est simple, à Shoushan habite un Tsadik, Mordéhaï, c’est lui qui guidera Esther pas à pas et qui influencera le cours des événements. Il ne fallait pas déranger le Tsadik et l’obliger à se rendre jusqu’à la capitale Bavel pour aider Esther, c’est pourquoi, du Ciel on a dérangé le Rasha et laissé tranquille le Tsadik. Celui qui analyse de façon superficielle l’histoire d’Ahashvérosh pourrait penser que tout cela est arrivé car le trône était trop lourd. Mais en vérité il n’en est rien, Mordéhaï le Tsadik est le seul responsable de ce changement. Nous apprenons de là une règle fondamentale : Nous ne devons pas lire l’Histoire avec un grand H au premier degré. Certains faits semblent très clairs mais en réalité la vraie réponse est ailleurs. On pense que telle guerre a commencée suite à un assassinat d’un personnage important, que c’est tel ou tel président qui a tout sauvé ou au contraire tout abîmé. C’est faux ! Ce ne sont que des pions sur l’échiquier divin. Par exemple, souvenons-nous de la construction du Transsibérien par les russes qui avait durée plus de dix ans et dont on ne comprenait pas la raison et qui, en fin de comptes, avait sauvé miraculeusement les élèves de la Yéchiva de Mir et leur avait permis de rejoindre Changaï pendant la deuxième guerre mondiale. On peut expliquer les événements de façon naturelle, c’est cet embouteillage qui m’a retardé et fait rater mon avion, c’est le tremblement de terre qui a déclenché un tsunami, c’est une pièce défectueuse qui a causé le crash de l’avion, c’est l’attrait du pétrole et la présence obligatoire des grandes nations dans toutes les régions “sensibles” du monde qui font que telle nation est avec Israël et telle autre avec les arabes. Tout cela c’est ce que l’on voit, mais tout cela est faux. Nous retrouvons cette idée dans la Parasha de la semaine dernière, Parasha Ki Tissa, Moshé demande à Hashem de lui montrer Sa gloire, Hashem lui dit de se cacher dans une grotte et lui annonce qu’Il va passer devant lui mais : « Quand Ma gloire passera, Je te mettrai dans la cavité du rocher, Je te couvrirai de Ma paume jusqu’à ce que Je sois passé. Puis Je retirerai Ma paume et tu verras Mon dos mais Ma face ne sera pas vue. » (Shémot 33 ; 18 à 23) Le Maayana Shel Tora explique au nom du Torat Moshé : « tu verras Mon dos mais Ma face ne sera pas vue » est-ce qu’Hashem a une face et un dos ? En fait, on parle ici de la façon dont Hashem dirige le monde. Hashem explique à Moshé : « Ma face ne sera pas vue » si tu cherches à comprendre l’Histoire quand elle se déroule tu n’y arriveras pas. Ma face, c'est-à-dire la façon dont Je mène l’Histoire tu ne peux pas l’appréhender sur le champ. Cela sera, soit incompréhensible voire injuste à tes yeux, soit trop espacé dans le temps pour que tu puisses relier tous les faits ensemble. Cependant : « tu verras Mon dos », une fois que l’Histoire est écrite, en rassemblant les différentes pièces du puzzle tu peux espérer donner un sens à ce qui s’est passé. Quand tout est fini, on comprend pourquoi telle parole à été dite ou telle action accomplie et quelles en ont été les conséquences. Mais quand on est dans le feu de l’action on ne voit rien. Ici aussi la Méguila Esther s’est déroulée sur plusieurs années (le festin du début a lieu la troisième année du règne d’Ahashvérosh, Esther devient reine la septième année, Haman fait son tirage au sort la douzième année) les événements se sont enchaînés les uns aux autres sans qu’on s’en aperçoive. Il fallait écrire un livre pour les relier et nous montrer comment tout a été guidé par Hashem. De même dans la vie au quotidien, avec ses joies et ses peines, parfois il nous est difficile de donner un sens à ce qui se passe. Ne nous arrêtons pas à une lecture simpliste de notre histoire personnelle ou mondiale et essayons de voir derrière chaque fait la main divine dirigeant le monde. Amen.

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