Dvar Torah publiés par Tomer Debora

PARACHAT TAZRIA

 

Le Midrash nous dit que Hashem voulait donner la Tora aux Béné Israël dès leur sortie d’Egypte, mais, malheureusement, à ce moment là ils étaient divisés, c’est pourquoi il a fallu attendre jusqu’à ce qu’ils arrivent à Réfidim endroit où ils se sont enfin réunis. C’est donc là que Hashem a pu leur donner la Tora puisqu’ils étaient en paix entre eux, et la Tora est une Tora de paix (Shalom). Pourquoi la paix et l’union dans le Klal Israël sont-ils nécessaires pour recevoir la Tora ?

La Tora comporte 613 Mitsvot, mais il est impossible à un seul homme de toutes les accomplir. En effet, certaines ne concernent que les Cohanim, d’autres uniquement les Léviim, d’autres encore que le roi. Il ne nous est donc possible d’accomplir les 613 Mitsvot que lorsque le Klal Israël est rassemblé en une unité représentant un corps qui accomplit l’ensemble des Mitsvot.

C’est ce que le Passouk dit : « La Tora que Moshé nous a ordonné est un héritage de la communauté de Yaakov. » (Tora tsiva lanou Moshé morasha kéyilat Yaakov) (Dévarim 33 ; 4) Quand est-ce que la Tora est un héritage ? Quand il y a une communauté de Yaakov, au singulier, c'est-à-dire qu’il n’y a don de la Tora que s’il y a une seule communauté en Israël, l’union !

Nous retrouvons cette idée lorsque Hashem à fait sortir Avraham de sa tente afin d’observer les étoiles et Il lui dit : « Regarde, Je t’en prie, vers le ciel et compte les étoiles, si tu peux les compter ; Il lui dit : Ainsi sera ta descendance. » (Béréshit 15 ; 5) Hashem veut signifier à Avraham que, de même qu’il est impossible de compter les étoiles, de même il sera impossible de compter la descendance d’Avraham. Mais aussi, on peut comprendre dans cette demande que toutes les étoiles sont différentes les unes des autres, et chacune a sa propre fonction. Pour autant, chacune d’entre elles a besoin de l’autre pour l’établissement et la pérennité de l’univers.

Ainsi, même s’il y a une quantité innombrable d’étoiles, de toute façon, celui qui les observe attentivement comprend que chacune d’elle dans leur ensemble forme un tout cohérent et interdépendant. C’est ce qu’a voulu montrer Hashem à Avraham quand Il lui a demandé de compter les étoiles, en ajoutant : « si tu peux les compter », lui signifiant ainsi qu’il n’est pas envisageable de faire ce décompte mais qu’en réalité toutes ensembles elles forment une unité. De la même façon, la descendance d’Avraham, bien que composée d’individus innombrables et séparés, fera une assemblée unique comme un seul homme selon la volonté d’Hashem.

On comprend mieux à présent pourquoi les Béné Israël n’ont reçu la Tora qu’une fois qu’ils étaient unis et en paix. Auparavant, il n’était pas envisageable d’accomplir la Tora dans son ensemble pour chaque individu séparément, n’étant pas associé, n’ayant aucune part l’un avec l’autre, puisque ne formant pas une seule entité.

Nous disons dans la Hagada : « Si Hashem nous avait rapproché du Har Sinaï mais ne nous avait pas donné la Tora, cela nous aurait suffit. » A priori quel est le sens d’être au pied du Har Sinaï sans recevoir la Tora ? Le sens est justement que Hashem nous a réunis au pied du Har Sinaï, tous ensembles, comme un seul être et cela est en soi une élévation. L’union !

Seulement, cela ne suffisait pas car il manquait la dimension de la Tora. Il y a union et union, une communauté unie sincèrement ou un groupe humain ensemble mais uni sur des bases mensongères. L’union dans le Klal Israël prôné par la Tora consiste à aimer son prochain, à ressentir ses souffrances, et à l’aider le plus possible. La Tora synthétisera cette idée avec le Passouk bien connu : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Vayikra 19 ; 18) A l’inverse, la paix mensongère, elle, est ce que nous voyons quand le cœur ne correspond pas à la parole. On se voile la face pour ne pas regarder les souffrances de son prochain, on jalouse le bien de son prochain d’une haine intérieure.

Nous remarquons que c’est cette volonté d’union dans le Klal Israël qui a motivé Anshé Kénéssète Haguédola (la Grande Assemblée) d’instaurer la Téfila dans un langage pluriel afin que chacun prie aussi pour son prochain.

Or cette union dans le peuple juif n’existait pas en Egypte : « Et ce fut durant ces nombreux jours, le roi d’Egypte mourut, et les enfants d’Israël gémirent à cause de l’esclavage ; ils crièrent. Leur cri monta vers Hashem à cause de l’esclavage. » (Shémot 2 ; 23) Ce Passouk exprime la désunion qui régnait entre eux. Eloignés les uns des autres, chacun pleurait sur lui-même. Et même après avoir vu la délivrance avec la traversée de la mer rouge, ils ne se sont pas exprimés dans un langage pluriel, comme le témoigne le Passouk de la Shira : « Il est ma force et ma louange, Hashem, Il a été pour moi le salut … » (Shémot 15 ; 2). Pour moi et non pour l’autre.

Mais dans les temps futurs, quand tout Israël sera réuni comme un seul homme avec un seul cœur, chacun ne se préoccupera plus seulement de sa propre personne mais aussi de son prochain : « On dira en ce jour : Voici notre D.ieu en qui nous avons mis notre confiance, Il nous a secourus. Voici Hashem en qui nous espérions, réjouissons-nous à cause de Sa délivrance. » (Isaïe 25 ; 9) Le Passouk est au pluriel.

Pessah arrive à grand pas, et pour conclure dans la même idée, nous trouvons dans la Hagada un événement où Rabbi Eliézer, Rabbi Yéhoshoua, Rabbi Elazar ben Azaria, Rabbi Akiva et Rabbi Tarfon étaient attablés à Béné Brak. La question se pose de savoir pourquoi on nous cite tous les noms précisément ? Hazal nous disent qu’en Egypte la tribu de Lévy n’a pas subit l’esclavage des égyptiens contrairement à leurs frères juifs car ils étudiaient la Tora. Si nous nous penchons sur les noms cités précédemment, il se trouve que Rabbi Elazar ben Azaria et Rabbi Tarfon étaient des Cohanim (les Cohanim étaient des Léviim auparavant, c’est Hashem qui a transformé certains Léviim en Cohanim), Rabbi Yéhoshoua et Rabbi Eliézer étaient Lévy et Rabbi Akiva descendait d’un converti. Il se trouve donc qu’aucun de leurs ancêtres n’avait subi l’esclavage et pourtant la Hagada nous dit qu’ils ont passé la nuit entière jusqu’au matin à raconter la sortie d’Egypte. Pourquoi ? Afin de montrer leur association avec la souffrance de leurs frères.

Nous aussi, en cette nuit du Séder, nous devons nous rapprocher de nos frères, « Nossé bé ol havéro », porter la souffrance avec lui. En fait, ce thème est récurrent dans la Hagada puisque dès le début de la Hagada nous disons : « Que celui qui a faim vienne manger. Que celui qui est dans le besoin vienne célébrer Pessah avec nous. »

Fasse Hashem que grâce à cette volonté d’union et de paix sincère dans le Klal Israël nous puissions être délivrés rapidement. Amen.

Pessah kasher vésaméah

 

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