Dvar Torah publiés par Tomer Debora

PARACHAT BEHOUKOTAÏ

La Parasha Béhoukotaï est la dernière Parasha du Séfer Vayikra. Elle se termine avec la Mitsva de la dîme (Maasser, le dixième) prélevée sur le gros et petit bétail : « Tout Maasser du gros et du petit bétail, tout ce qui passera sous le bâton, le dixième sera saint pour Hashem. » (Vayikra 27 ; 32)

Rashi explique : Quand on prélève le Maasser sur le troupeau, on fait sortir les animaux par une porte de l’enclos l’un après l’autre et le dixième on le frappe avec un bâton coloré de peinture rouge pour qu’on le reconnaisse. Ce sera lui le Maasser. On agit ainsi pour les veaux et les agneaux chaque année. 

Le Séfer Ha’hinouh nous dit que la Tora ordonne à chaque éleveur de prélever le Maasser de son gros et menu bétail né au cours de chaque année. Les animaux ainsi désignés seront amenés à Jérusalem comme Korban (sacrifice) au Beith Hamikdash. Ils pourront être consommés par leur propriétaire après aspersion du sang et offrande de la graisse sur l’autel.

Hazal expliquent dans la Guémara Béhorot (58b) qu’on rassemble les animaux dans un enclos, on aménage un petit portillon ne laissant passer qu’un animal à la fois, on place les mères à l’extérieur afin que, par leurs bêlements, elles attirent les agneaux et qu’ils se pressent pour sortir par le portillon. On les compte alors avec un bâton et on marque au rouge chaque dixième, le consacrant ainsi comme Maasser.

L’idée essentielle de cette Mitsva est simple : Hashem ayant choisit comme peuple le Klal Israël, Il a voulu dans un souci de justice qu’ils soient tous instruits dans la Tora et connaissent Son Nom. Grâce à l’institution du Maasser sur le bétail Il les habitue ainsi à fréquenter le Beith Hamikdash, lieu de Sa Sainteté, afin qu’ils s’y instruisent et s’élèvent moralement.

Car le Créateur sait bien que la majorité des hommes est attiré par ce qui est matériel, étant de chair, et ne se dévoue pas pour étudier la Tora et s’occuper constamment de choses spirituelles. Aussi, Il a donné, grâce à cette Mitsva, la possibilité à chaque juif de connaître les enseignements de la Tora. Étant obligé d’amener année après année le Maasser de son bétail (et aussi le Maasser de sa récolte quatre fois par cycle sabbatique de sept ans) à Jérusalem, centre spirituel de la Nation, où rayonne l’enseignement de la Tora et où siège le Grand Sanhédrin ; il y déléguera au moins un membre de sa famille. Le père lui-même, un de ses fils ou de ses proches pourra ainsi apprendre la Tora pour la diffuser ensuite au foyer familial. C’est ainsi que « Tout le pays sera plein de la connaissance d’Hashem comme l’eau abonde dans le lit des mers. » (Ishaya 11 ; 9).

Car s’il y avait un homme instruit ou même plusieurs dans chaque agglomération, cela ne suffirait pas pour faire connaître la loi dans la masse du peuple. Ce n’est que la présence régulière dans chaque foyer qui seule assure la diffusion de la Tora parmi les membres de chaque famille. Car si on n’étudie pas la loi on ne peut pas la connaître et donc l’appliquer. Celui qui sera allé à Jérusalem apporter le Maasser apprendra ainsi des lois qu’il transmettra à ses proches leur évitant des fautes graves et les faisant bénéficier de la bénédiction annoncée dans notre Parasha : « Moi Hashem je fixerai Ma résidence parmi vous. » (Vayikra 26 ; 11)

Rav Shimshon Mé Ostropoli dans son livre Nitsoutsé Shimshon, pose deux questions sur notre Passouk « Tout Maasser du gros et du petit bétail, tout ce qui passera sous le bâton, le dixième sera saint pour Hashem. » :

1) Comment notre Passouk peut-il commencer par les mots « Tout Maasser » ? Tant que le bétail n’est pas passé sous le bâton, ce n’est pas du Maasser. En lisant ce Passouk on a l’impression que l’animal est déjà du Maasser avant même de commencer. On aurait dû dire : « Tout gros et petit bétail, tout ce qui passera sous le bâton, le dixième sera saint pour Hashem. » 

2) Pourquoi le verset précise-t-il que « … le dixième sera saint pour Hashem. » ? Il suffisait de dire « … le dixième sera saint. » et on sait bien que tout ce qui est Kodesh l’est pour Hashem.

Sa réponse est magnifique :

Yossef a été vendu par ses frères. Bien des années plus tard, les romains, cherchant à faire du mal aux juifs et à se donner bonne conscience, voudront assassiner dix Hahamim. Ils tenaient le raisonnement suivant : Selon la Tora celui qui kidnappe une personne et la vend est passible de la peine capitale. Yossef ayant été kidnappé puis vendu par ses frères, les frères méritent la peine de mort. Seulement comme les frères ne sont plus là, on va prendre à la place dix Talmidé Hahamim et on va les tuer. Cela expiera en quelque sorte cette terrible faute, les enfants paient pour les parents.

Les Hahamim ont demandé un délai afin de vérifier si tel était la volonté divine. Après avoir vu que ce décret venait du Ciel, ils ont accepté. Les romains ont ainsi torturé et tué dix grands Talmidé Hahamim, dont Rabbi Akiva. C’est ce qu’on appelle les Assara Arougué Malhout que l’on récite chaque année à Tisha Béav dans les Kinot.

Mais, si l’on peut comprendre que ces dix martyrs de la foi soient une expiation pour les dix tribus qui ont fauté dans cette vente, un homme par tribu, on ne comprend pas deux choses :

  • Premièrement que vient faire ici Rabbi Akiva ? Ils doivent, par leur mort, pardonner la faute de leur père. Or, Rabbi Akiva vient d’une famille de converti, il n’est donc pas concerné. Ses ancêtres n’ont pas participé à cette vente de Yossef. Pourquoi est-il mort avec les dix martyrs ?
  • Deuxièmement, seuls neuf frères ont participé à cette vente : Il y a douze frères, Yossef ne compte pas puisque c’est lui la victime, Binyamin le plus jeune des frères était trop petit, il n’était pas là, Réouven non plus n’était pas là, c’était son jour de service auprès de son père. Douze moins trois font neuf, pourquoi dix martyrs, cela suffisait avec neuf ?

Il répond que selon le Zohar Hakadosh, les neuf frères ont fait un Beith Din pour juger si Yossef méritait cela et ils ont associé Hashem à leur jugement. Ils étaient donc bien dix à avoir donné leur accord pour cette vente, les neuf frères et Hashem. De plus, ils avaient tous juré de ne rien dévoiler à personne sur cette affaire. C’est pourquoi il est écrit que la présence divine s’est éloignée de Yaakov, le père de Yossef, depuis le jour de la disparition de Yossef jusqu’au jour de leurs retrouvailles en Egypte. Comme Hashem ne pouvait rien dire à Yaakov, Il a préféré s’éloigné de lui. Istrak, le père de Yaakov et donc le grand père de Yossef, savait, lui, que Yossef était encore vivant ; mais comme il voyait que Hashem ne disait rien à Yaakov, lui aussi n’a rien dit. Pendant toutes ces années Yaakov a pleuré son fils Yossef qu’il croyait mort.

On comprend à présent pourquoi il y a parmi ces dix martyrs Rabbi Akiva, lui n’est pas venu pour expier la faute de ses ancêtres. Il est venu car, comme Hashem a participé à cette vente, il fallait en quelque sorte pour Hashem aussi une “expiation”. Si les neuf autres martyrs ont été choisis pour expier les neuf tribus, Rabbi Akiva, lui, a été choisi comme Korban pour Hashem.

C’est Rabbi Akiva qui comparera le Talmid Haham à Hashem dans la crainte qu’on lui doit (Guémara Péssahim 22) il était donc normal que se soit lui qui soit choisi. Nous apprenons de là la grandeur extraordinaire de Rabbi Akiva, il a fait Téshouva à quarante ans, il ne connaissait rien et voilà où il est arrivé !

Rav Shimshon Mé Ostropoli tire cela de notre Passouk : « Tout Maasser du gros et du petit bétail, tout ce qui passera sous le bâton, le dixième sera saint pour Hashem. » Si on prend ce Passouk en hébreu et qu’on regarde les initiales des mots, on obtient :                    

ו           וידעו   Qu’ils sachent (Véyédou)

כ          כולם     tous (koulam)  

ל          למהpourquoi (lama)   

מ          מת il est mort (mèt)  

ע          עקיבה Rabbi Akiva (Akiva) 

ש          שהיה qui faisait (shéaya)  

ר          רועה paître (roé)  

בקר וצאן (bakar vatson)

Le petit et le gros bétail (avant sa Téshouva Rabbi Akiva était berger)

Pour celui qui se pose la question de savoir pourquoi est mort Rabbi Akiva, qui dans sa jeunesse était berger et donc ignorant, avec les dix martyrs, de plus il est d’ascendance non juive et donc cela ne le concerne pas, le Passouk continue et nous dit, sache :

כל אשר יעבר (kol asher yaavor) 

 Tout celui qui est passé, c'est-à-dire, qui est mort avec les dix martyrs

   

תחת השבט (tahat hashavèt)

Sous le bâton, ici il faudra lire Shavèt-bâton, Shévèt-tribu.

 

C'est-à-dire que chacun des dix martyrs est mort à la place d’une tribu et donc que vient faire ici Rabbi Akiva qui ne représente aucune tribu puisque d’ascendance non juive ?                                                

העשירי יהיה קודש לה'  (haassiri yhié kodesh l’Hashem) 

Le dixième, Rabbi Akiva, si on se demande pourquoi il est là, lui, on l’a choisi Kodesh l’Hashem, comme Korban pour Hashem !

C’est pourquoi la Guémara Bérahot (61b) nous raconte qu’au moment où Rabbi Akiva est mort sur le bûcher il récitait le Schéma (Shéma Israël Hashem Elokénou, Hashem Éhad ; Écoute Israël Hashem est notre Dieu, Hashem est Un) et son âme est sortie au moment même où il disait Éhad (Un). A cet instant une voix céleste est sortie et a dit : « Heureux sois-tu Rabbi Akiva car ton âme est sortie avec le Éhad (le Un) » Grâce à ce que nous avons dit nous comprenons mieux cette Guémara, elle est sortie avec le Éhad, c'est-à-dire à la place du Éhad (Hachem Ehad), comme korban pour Hashem.

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