Dvar Torah publiés par Tomer Debora

PARACHAT NASSO

Globalement le monde se divise en deux : ceux qui sont intelligents et ceux qui ne le sont pas. Et nous, dans quelle catégorie sommes-nous ?

Avant de répondre, examinons cet enseignement de nos maîtres : « Ezéou Haham ? Haroé èt Hanolad ! Qui est intelligent ? Celui qui prévoit le futur ! » (Tamid 32a)

C’est pourquoi une sage-femme s’appelle Hahama en hébreu, car comme c’est elle qui accouche les femmes, elle est la première à voir le futur enfant qui va naître. (Guémara Chabbat 128b)

Le roi Chélomo a dit dans son livre Kohélèt (2 ; 14) : Héhaham Enav Bérocho (Le sage a ses yeux dans la tête). Rachi explique que dès le commencement de l’acte, il voit comment celui-ci se terminera.

En vérité, celui qui est intelligent, le Haham, vit dans le futur, avec le futur. Il évalue ce qui risque d’arriver et prend ses décisions en ce sens. Il est donc prêt à supporter des inconvénients dans le présent car il sait que cela arrangera son futur. Il est évident qu’il a moins de plaisir matériel pour l’instant mais cela lui importe peu au regard du but qu’il s’est fixé. Un peu comme cet alpiniste sur les pentes de l’Everest qui doit lutter contre la fatigue et le froid et qui risque sa vie à chaque instant, mais il fait fi de tout cela car il n’a qu’une idée en tête : atteindre le sommet ! Il ne pense qu’à la photo qu’il prendra arrivé tout en haut. Il est prêt à sacrifier son présent pour son futur.

Celui qui est moins intelligent, lui, vit dans le présent et dans les plaisirs qu’il peut ressentir à chaque instant. Peu lui importe demain, l’essentiel c’est aujourd’hui.

Cette idée est valable non seulement pour le spirituel mais aussi pour le matériel. Par exemple on rencontre souvent des personnes qui cherchent à acquérir un bien immobilier, elles sont prêtes pour cela à prendre un crédit bancaire qui va grever leur budget. Chaque mois elles auront des difficultés ‟à joindre les deux bouts” et pourtant elles sont prêtes à vivre un présent difficile au profit du futur. Quand elles auront fini de rembourser leur crédit, ce bien leur appartiendra. Cela vaut donc quelques sacrifices.

L’homme, quand il réfléchi, est capable de prendre des décisions ayant une incidence sur son présent car il veut protéger son avenir.

A contrario, un animal ne vit que dans le présent. Si on place devant un chat de la nourriture, il va tout manger sans penser à en garder pour le lendemain au cas où il ne trouverait pas de quoi se nourrir. Quand il mange, le monde autour de lui n’existe plus. Il serait vain d’essayer de lui expliquer que demain matin ses maîtres partent en vacances, qu’ils n’ont pas prévu de l’emmener et qu’il serait judicieux de ne pas tout manger. Il vit dans le présent !

Malheureusement, certaines personnes pensent comme ce chat, elles vivent à crédit en oubliant qu’un emprunt cela se rembourse.

La Michna nous dit dans Avot (3 ; 16) au nom de Rabbi Akiva : « Tout a été donné en garantie et un filet est étendu sur tous les vivants. La boutique est ouverte, le marchand fait crédit mais le registre est ouvert et la main inscrit. Quiconque veut emprunter peut venir et emprunter. Mais les collecteurs circulent chaque jour et se font rembourser par l’homme bon gré, mal gré. Ils ont sur quoi s’appuyer et le tribunal est un tribunal juste. »

Rabbi Akiva nous éclaire avec cette parabole. Ce monde ressemble à un magasin rempli de toutes les choses précieuses, de toutes sortes de choses nécessaires et inutiles. Ce magasin est toujours ouvert. Là les hommes trouvent la satisfaction de tous leurs besoins, de leurs plaisirs et de leurs convoitises. Il n’est pas nécessaire d’avoir des droits à l’obtention de ses délices. On peut entrer dans le magasin et prendre à volonté tout ce qui est bon et beau, sans avoir d’argent, car le propriétaire du magasin prête. Mais le livre est ouvert, et tout ce dont l’homme prend est inscrit. Rien n’est donné, mais chacun peut prendre en crédit tout ce qu’il veut.

Nous avons là un symbole de la vie humaine. Chaque homme, qu’il soit fils de roi ou de mendiant, peut choisir entre dominer ses inclinaisons, ses instincts et ses passions, s’ils sont dirigés vers le mal ou leur céder et vivre dans la faute et ainsi arriver à être incapable de s’acquitter de la dette qu’il a contracté.

Le débiteur pourtant ne peux pas déroger à sa responsabilité, car les collecteurs du propriétaire du magasin : la maladie, la misère, le besoin, les remords etc., circulent chaque jour et forcent l’homme à payer sa dette sciemment ou à son insu.

Il y en a qui reconnaissent la justice divine et qui disent : « J’ai mérité ce qui m’arrive ». D’autres ne se rendent pas compte de la manière dont ils ont causé leur malheur. Mais il n’y a pas de hasard dans le monde. Nous sommes souvent étonnés devant les événements en se demandant : « Pourquoi tel ou tel a-t-il mérité ce triste sort ? Pourquoi untel peut-il profiter du bonheur et de la richesse ? » Nous ne le savons pas, nous ne pouvons pas en juger. Seul Hachem le sait. Tout ce que nous savons c’est que le tribunal est un tribunal juste, où l’erreur est complètement exclue.

Chaque homme qui sait employer de la bonne manière les dons que Hachem lui a confiés, qui tâche d’effacer les dettes qu’il a contractées en faisant des Mitsvot, gagne ainsi la vie éternelle. S’il peut réussir à rester indemne de toute faute, alors il sera heureux dans cette vie et dans le monde futur ! Mais sinon, s’il ne réussit pas à éviter complètement la Havéra, alors il lui faudra expier sa faute dans ce monde, afin d’avoir part au monde futur.

L’homme appartient à deux mondes, au monde terrestre et au monde spirituel. Le corps aspire vers le bas, et est sensible à toutes les envies et convoitises. Parfois il succombe aux passions terrestre et fait ce qui est mal au regard de Dieu. L 'âme, qui réside dans l’homme, fait partie du monde spirituel et aspire vers le bien. Son devoir consiste à dominer les passions, et à réprimander les mauvais penchants.

Si elle réussit, elle partira recevoir sa récompense éternelle. Mais si elle n’a pas su affirmer sa domination sur le corps, en étant elle-même attirée dans l’abîme du vice, elle se salie et doit expier sa faiblesse après la mort.

Rabbi Akiva nous parle « d’un filet qui est étendu sur tous les vivants ». C’est la même idée qu’a aussi exprimée le roi Salomon dans Kohélète (9, 12) : « L’homme ne connaît pas le moment où la mort le surprend. Comme les poissons qui sont pris dans les filets, et comme les oiseaux qui sont pris dans le piège, ainsi l’être humain est pris au moment du malheur quand celui-ci fond soudain sur lui. ».

Sans appréhension les poissons entrent en nageant dans les filets, sans appréhension les oiseaux volent vers le piège. Mais, quand celui-ci se referme, il est trop tard pour se sauver. C’est pourquoi l’homme doit toujours être préparé, car il peut être rappelé de cette vie à tout instant.

Il faut donc qu’il arrange ses actions de manière à pouvoir se présenter n’importe quand devant le trône céleste.

La Michna continue : « Le vendeur fait crédit », il ne fixe pas de date pour le remboursement. L’homme est complètement libre de reculer le paiement de ses dettes. Car, si pour chaque dette le paiement était exigé sur le champ ou à brève échéance, le libre arbitre de l’homme s’en trouverait affaibli. Mais comme la dette n’est souvent réclamée qu’au bout d’un très long temps, l’homme s’imagine qu’il n’a pas du tout besoin de la payer, et il ne dépend donc que de sa volonté, qu’il fasse son devoir ou qu’il devienne un débiteur.

Rabbi Akiva affirme : « Et chacun qui veut emprunter peut venir et emprunter ». L’emprunt en soi pourtant n’est pas blâmable. Tout homme a reçu, en naissant, d’Hachem tant de choses, qu’il a une avance importante dans le livre de crédit. Tout ce que nous sommes, et tout ce que nous avons, nous vient d’Hachem. Une seule chose dépend de nous : la volonté sincère de le servir et de nous acquitter de notre dette par nos actions vertueuses. Si nous avons cette sincère volonté, nous n’avons pas besoin de craindre pour notre dette inscrite dans le livre de comptes.

Qui sont ces « collecteurs qui circulent chaque jour » dont nous parle Rabbi Akiva et qui « se font rembourser par l’homme de gré ou de force » ? D’après la plupart des commentateurs, ce sont les forces de la Nature qui peuvent apporter soit le bien, soit la maladie et les souffrances. La pluie peu fertiliser un champ et l’enrichir ou le dévaster par une inondation. Le vent peut amener des nuages bénéfiques ou dans une tornade détruire des maisons et faire couler des bateaux dans la mer. Le soleil peut faire mûrir le blé et donner aux fruits toute leur saveur ou n’apporter que sécheresse et épidémies.

Ceci, en fait, est une faveur divine qui nous rappelle ainsi que notre vie est passagère, et que le bonheur n’est pas solide, afin que nous revenions, si nous nous sommes écartés du bon chemin. Toutes les forces de la nature, qu’elles soient bénéfiques ou malfaisantes, sont des messagers divins, envoyés pour récompenser ou pour punir selon Sa volonté.

Il n’y a pas de hasard dans le monde, et les éléments ne nous semblent fortuits que parce que nous ne savons pas saisir leur enchaînement.

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